Avec un peu d’organisation …

Miami, 18h50 … Je suis allongé sur une chaise longue. La petite ombrelle à paillettes qui surplombe mon cocktail dodeline lentement sous l’effet d’une brise légère. Un coquillage sur la plage semble vouloir me parler … il me dit, ou plutôt, il hurle : « Ouuiiin, arg, Ouiiiinnn, arg arg, Ouiiinnn », de plus en plus fort. J’ouvre les yeux et cherche à tâtons l’interrupteur de ma lampe de chevet. Retour au monde réel. Le coquillage qui hurle est en fait ma fille, âgée de 3 semaines, qui semble avoir oublié qu’elle a déjà dîné 4h auparavant. Ma chère et tendre épouse n’étant toujours pas remise de l’accouchement et des 9 mois qui l’ont précédé, je me suis porté volontaire pour assurer les biberons de nuit.

Même pas peur !

Au moment de nourrir la gloutonne, j’ai cherché les biberons propres partout … rien dans le placard, rien à proximité de l’évier. La miss commence à s’impatienter. Je navigue dans une semi obscurité pour ne pas totalement perturber ses cycles de sommeil tout en supportant sur un seul bras ses 4,5kg de tendresse. Et puis un éclair de génie vint déchirer la pénombre : Cherche le stérilisateur, tu devrais trouver les biberons !

En effet, ils étaient tous là. Ma chérie les avait nettoyés soigneusement et avait lancé un cycle de stérilisation avant d’aller se coucher. Elle savait que, la nuit, les minutes nécessaires à la préparation du biberon étaient précieuses. La suite fût plus compliquée.

J’ai d’abord versé la moitié de la bouteille à côté du biberon. Ensuite j’ai commencé à compter les cuillères de poudre pour reconstituer le lait. A mi parcours, j’ai eu un doute sur le décompte exact. Obligé de tout recommencer. Je n’allais pas prendre le risque de perturber son mini système digestif. Une fois le tout reconstitué, j’ai secoué l’ensemble (le biberon hein, pas ma fille) pour bien mélanger la poudre … la tétine n’était pas bien serrée, j’en ai mis partout. Le stérilisateur ayant une contenance de 8 biberons, il ne me restait plus que 6 droits à l’erreur …

La deuxième nuit j’avais tout préparé à l’avance. Les biberons avaient été nettoyés et stérilisés en fin d’après midi. J’en avais ensuite pré-rempli un avec la bonne quantité d’eau. La boite de lait était à portée de main. Je me suis concentré sur le nombre de cuillères de lait et j’ai vérifié deux fois si la tétine était bien en place avant de secouer. Avec un peu d’organisation tout était plus simple.

Je suis devenu champion du monde de préparation de biberon, à une seule main, dès la troisième nuit.

J’ai profité de chacun de ces moments, hors du temps, avec ma fille bien callée dans mes bras, ses grands yeux verts me fixant pendant la dégustation du bib’. Et même si le manque de sommeil s’accumulait au fil des jours, j’en garde un souvenir ému presque 3 ans plus tard.

Partager !
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google
  • E-mail this story to a friend!
  • TwitThis

Laisser une réponse